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Description d'argenterie et bijoux anciens mis en gage en 1518 en France

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Description d'argenterie et bijoux anciens mis en gage en 1518 en France

Message  Tournesol le Sam 18 Déc 2010, 1:27 am

Bonsoir,

Petit clin d'oeil : c'est un vrai bijou d'acte et le notaire est un Costé.

(excusez-moi si je le cite au complet, c'est au cas où le lien Internet de cet acte deviendrait désuet un jour.)

Il s'agit d'une description des bijoux anciens mis en gage par Jeanne de Bade-Hochberg, duchesse de Longueville (veuve), pour payer la rançon à un marchand florentin en 1518, pour Louis d'Orléans, duc de Longueville (son fils de huit ans selon ma recherche).

Je ne sais si la duchesse y a mis toute sa fortune ou si elle a retrouvé ses bijoux, mais son fils Louis est revenu au bercail. Hélas, il n'a pas vécu longtemps, car il est décédé à 27 ans en 1537.

La vie de cette famille est aussi passionnante qu'un roman (voir à la fin de mon message).
Minutes de notaires de Châteaudun
E. 2879. (Registre.) — In-4”, papier, 245 feuillets.
1518 (2 nov.-31 déc. ). — Oudin Costé (notaire)
Mise en gage par Jeanne de Hochberg, duchesse de Longueville, entre les mains de Robert Albisse, marchand florentin, pour la somme de 24000 écus d'or soleil, destinée à payer la rançon de Louis d'Orléans, duc de Longueville, des bagues et joyaux qui suivent:

un quarquan auquel y a quinze grosses perles et seize patenotres d'or émaillées de noir, ledit quarquan enfilé en un cordon de soie jaune ;

item un autre carquant auquel y a dix grosses perles rondes et au milieu un grand table de diamant, le tout enchâssé en rondeaux d'or fais à escotz émaillés de rouge et de noir, ledit carquant tenant à un ruban de soie noire ;

item une table de diamant en un chaton d'or entre deux L émaillé de noir et fait à charnière pour mettre en un carquant ;

item six gros rubiz baletz, les trois en table et les autres trois en cabochon enchâssez en chaton d'or sans émail ;

item un autre gros ruby balay en cabochon enchâssé en un chaton d'or émaillé de gris par le bort et un petit filet à l'entour de noir;

item un diamant en table et un ruby en cabochon, qui ont été otés de l'émeraude et mis à part, enchâssés en chatons d'or sans émail;

item un gros saphir en un chaton d'or sans émail pour pendre à une robe ;

item le beau diamant en demie losange dedans le chaton pour pendre au col, qui est émaillé de noir â l'entour, et par dehors y a cinq petites fleurettes, dont aux trois de bas y a deux rubiz baletz fais en poire et une perle au milieu aussi faite en poire, lesdits rubiz baletz sont à jour et percés par le milieu ;

item la belle émeraude en un chaton d'or émaillé de blanc, ledit chaton fait en feuille de bourrache, et est ladite émeraude toute seule ;

item un chapeau pour servir à la couronne, auquel y a dix fermillets d'or tenant l'un avec l'autre, aux cinq desquels y a quatre rubiz baletz et un saphirs ou milieu, douze petites perles entre deux en façon de triollez, et entre lesdits triollez une petite pointe de diamant ou milieu, et le demeurant desdits fermillets n'est que émail, et es autres cinq fermillets y a à chacun d'iceux quatre saphirs et au milieu un ruby balay avec quatre triolletz de perles de la façon dessus dite et petits diamants ;

item quatre grands fleurons en façon de fleur de lis, et en chacun desquels y a sept rubiz baletz d'assez bonne grandeur et deux petits, et cinq saphirs de la grosseur desdits rubiz avec deux petits, et trente une perles à chacun desdits fleurons ;

item cinq petits fleurons en façon de fleur de lis comme lesdits grans, en chacun desquels y a cinq rubiz baletz, trois saphirs et seize perles de la grosseur desdits autres fleurons;

item un tableau en rond auquel y aune sainte Marguerite, le chef, cheveux et le col d'une agate, et son manteau émaillé de rouge, la doublure dedans de blanc semé d'armynes, yssant d'un dragon émaillé à écaille grise et entre deux vert et jaune, ledit dragon dedans une roche en laquelle y a deux arbres d'émail vert et gris ; et a ladite sainte Marguerite un soleil émaillé d'azur ; et à l'entour dudit tableau y a neuf rubiz baletz de bonne grandeur, tous à cabochons, réservé un qui est en coeur, et en chatons d'or sans émail, et neuf trioletz en chacun desquels y a trois perles d'assez bonne grandeur, qui sont vingt-sept perles; et audit tableau y a une chaîne d'or, une pomme et deux petits crochez pour le pendre;

item un autre tableau d'or carré, auquel y a une sainte Anne assise, et a devant elle une petite Notre-Dame à cheveux pendant, à sa robe émaillée de bleue et rouge melé d'or, et le fons dudit tableau fait en façon de plumes de paon d'émail rouge et vert, et au dessus une chaîne d'or faite à petites roses émaillée de noir, et une pomme émaillée de blanc et rouge, avec un crochet à le pendre ;

item un autre tableau d'or carré, auquel y a un Dieu attaché au gibet, émaillé de blanc et semé de petits rubiz servants de ployes et aux tirans à l'entour de lui, et au chef y a les représentations de Pilate et deux évêques tous élevés, et de l'autre coté un cruxifiement avec les deux larrons et six représentations tant Notre-Dame, d'autres vierges que juifs, et en tour y a quatorze petits triolletz d'émail blanc et sept roses d'émail blanc et violet,, avec deux platynes d'or qui servent de couverture, faite chacune platine à vingt-quatre treillis, et en chacun desdits vingt-quatre treillis y a quatre perles assises en fleurettes ;

item un benoistier d'or treillisé, et lesdits treilliz, émaillez de rouge et de blanc, et au milieu dudit benoistier sont les armes de feue Madame, et au-dessus les armes de feu Mr le comte François, et au couvercle y a une F et un A émaillez de rouge, entretenant par un las d'amour aussi émaillé de blanc, avec le baston de l'espergès d'or, tenant à une petite chaîne aussi d'or;

item une salière d'or faite en rond par le pied, et autour dudit pied y a huit rubis baletz et entre chacun desdits rubiz deux perles, et au-dessus dudit rond y a un parc, auquel a au-dessus de chacun des pieux, à l'un un ruby balayet à l'autre une perle, et au fons dudit parc y a cinq rubiz baletz et dix perles, et dedans ledit parc est une vilaine, sa robe troussée émaillée de gris et sa cotte de blanc, et tient en sa s main un panier d'or, auquel y a deux grosses perles, un ruby et une émeraude, ladite femme ” affublée d'un chaperon émaillé do rouge, et porte ” sur sa teste un rond en façon de salière, le fons ” d'agate, auquel rond pend douze perles, avec ” un couvercle à teste, le comble aussi d'agate fait en ” façon de chapeau d'empereur, auquel y a seize p petits rubiz baletz et vingt huit perles, et les six pen-” dantos ;

item une autre salière en façon de la précé-” dente, entour le fons de laquelle y a huit rubiz ” baletz et seize perles, et dessus chacun baston du ” parc y a un rubiz et une perle, qui sont vingt-quatre tant perles que rubiz, et dedans ledit parc est un ” vilain guestré, sa robe et guêtres d'émail blanc, ” et ses chausses d'émail rouge, sa cotte d'émail vert, ” et espuyé sur un baston au bout duquel y a un ” rubiz et trois perles, et y a sur son espaulle une ” houe d'or et sur son dos une hotte d'agate bordée ” d'or ou pend trois perles, avec le couvercle fait en ” façon de chapeau d'empereur, le fons d'agate auquel ” y a quatorze petits rubiz baletz et vingt-cinq perles; ”

item une autre salière à six carrés, et à chacun carré ” une tournelle, dessus chacune tournelle un ange, ” l'un émaillé de blanc semé d'or, et l'autre de blanc, et l'un desdits anges tient un ruby et l'autre une perle, ” et le fons de ladite salière émaillé de .vert, où est ” assis un ange émaillé de blanc meslé d'or, sur ” lequel y a une salière de cristal, et le couvercle de même; ladite salière est environnée de quatre ” branches d'or, à chacune desquelles y a deux petits ” rubiz baletz et deux perles, et bordée à un bort d'or ” fait à six tournelles, et audit couvercle y a six rubiz ” d'assez bonne grandeur et huit petits, douze grosses ” perles et douze petites, et au-dessus un .Dieu le ” Père en fleur de lis ;

item une autre salière d'or gauderonné par le pied, en laquelle y a six petits piedz, ” et en chacun d'iceulx un rubiz, et en dessous autour ” dudit pied une brodeure, en laquelle y a douze ” perles pendantes au-dessous, et au milieu un petit ” carré auquel y a six rubiz et six perles, et au-dessous ” le fons de ladite salière fait d'agate et un grant bord ” d'or et une brodeure en laquelle y a dix rubiz et dix ” perles, avec le couvercle de même fait à feste, ” auquel y a unze rubis, neuf perles assises et six pen-” dantes ;

item une croix d'or, en laquelle y a quatre ” diamants et un rubiz au milieu, les trois diamants ” en table taillez en faces et l'autre en façon d'un cueur, ” et ledit rubiz en cabochon, le tout pesant 2 onces ” 6 gros 14 grains;

item un grant saphirs céleste on ” un chaton d'or pesant en tout 2 onces 12 grains.

http://radiointensite.free.fr/articles.php?lng=fr&pg=1011 consulté 2010-12-17

J'ai fait une petite recherche sur le duc et sa femme :
Louis II Orleans, duc de Longueville
[Descendant de Charlemagne] [Descendant de Hugues Capet] [Descendant de Fernando I de León y Castilla] [Descendant de Guillaume le Conquérant] [Descendant de Afonso Henriques de Portugal]
* 05.06.1510 + 09.06.1537

Parents
Père: Louis d' Orléans, duc de Longueville * 1480 [Descendant de Hugues Capet]
Mère: Johanna Elisabeth, Markgräfin von Baden-Hochberg * c. 1480 [Descendant de Hugues Capet]

Marriages
04.08.1534
Marie de Lorraine * 22.11.1515 [Descendant de Hugues Capet]

Enfants

* François III d' Orléans * 1535
* Louis d' Orléans * 1536 http://www.geneall.net/F/per_page.php?id=2716
Le Louis de la rançon de 1518 n'a vécu que 27 ans ! (1510-1537). Il a épousé :
Marie de Lorraine, fille aînée du duc Claude de Guise. Née le 22 nobembre 1515, celle-ci a épousé en premières noces Louis d'Orléans, duc de Longueville, dont elle vient de rester veuve après à peine quatre ans de mariage. Respirant la santé, elle a déjà prouvé sa fécondité en mettant au monde deux enfants et jouit à la Cour d'une situation exceptionnelle. Jacques V s'empresse d'accepter cet excellent parti et le 9 mai 1538 le mariage par procuration est célébré au château de Châteaudun. Aussitôt après, Marie de Lorraine prend la mer pour gagner son royaume d'Ecosse, accompagnée par son père, mais laissant en France son fils aîné, le petit duc de Longueville, son deuxième enfant étant mort en bas âge. http://chrisagde.free.fr/val/fr1hommes.php3?page=19
Marie de Lorraine est la mère de MARIE STUART.
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Les bijoux de famille

Message  Mona le Mar 04 Jan 2011, 4:50 am

Bonsoir aux couche-tards, et bonjour au lève-tôts,

Ah! les bijoux de famille. Difficile de s'en passer, surtout lorsqu'il s'agit de ceux du mari....

Ben quoi?

La belle Jeanne, si elle a dû donner en gage ses propres bijoux de famille, c'est que les ceux-ce de son digne époux, Louis d'Orléans, premier duc de Longueville, flétrissaient dans une geôle anglaise. En fait, ils ne flétrissaient plus exactement, puisque le pauvre était passé de vie à trépas en 1516.

Mais pour payer la rançon demandée, elle s'était engagée auprès de prêteurs Lombards. Seulement, malgré la mort de son mari, elle devait maintenant rembourser cette dette et n'avait pas les moyens de le faire autrement que d'emprunter aux Florentins pour payer les Lombards...

Un bon mariage aurait arrangé tout ça, mais il faudra encore attendre que le petit dernier soit en âge de le contracter. Né en 1510, au château de Blandy, le jeune Louis II d'Orléans était devenu duc d'Orléans par le décès de son père. Mais il n'épousa Marie de Lorraine qu'en 1534.

Pour ce qui est des bijoux, il s'agissait d'un gage sans dépossession. Une hypothèque, ni plus ni moins, pour garantir un prêt à terme. Il serait sûrement intéressant de voir si certains de ces bijoux se sont retrouvé en possession de Marie Stuart par la suite...

J'ai écris quelque chose là-dessus dans un des chapitres de mon livre sur la famille de Marie Bethune, une des quatre Marie de Marie Stuart, Reine d'Écosse:

Marie de Lorraine de Guise avait épousé en première noce Louis II d'Orléans, duc de Longueville, né en 1510, à Blandy.

Il était fils de Louis d'Orléans, duc de Longueville, mort en 1516, et de Jeanne de Baden Rothelin de Hochberg, duchesse de Longueville, petite-fille de Guillaume de Vienne et d'Alix de Bourgogne, morte en 1543. Ils s'étaient épousés en 1504. Pris par les Anglais, il est emmené en Angleterre et mis à rançon. Cette rançon est sans doute considérable. Au greffe d'Oudin Costé pour l'année 1514, entre le 14 mars et le 22 avril, se trouve le procès-verbal d'une assemblée tenue par les habitants de Châteaudun «chargeant l'abbé de La Madeleine, le doyen de Saint-André, le prévôt de la Sainte-Chapelle, le maître de l'Hôtel-Dieu, le lieutenant-général et l'avocat-fiscal d'aller par les maisons de Châteaudun solliciter des offrandes volontaires pour ayder à payer la rançon du duc de Longueville, retenu prisonnier en Angleterre. La cueuillette n'ayant pas suffit, en décembre 1518, Jeanne de Hochberg mettait en gage, entre les mains de Robert Albisse, marchand florentin, ses bagues et joyaux pour couvrir la somme de 24000 écus d'or soleil, destinés à rembourser la rançon payée pour son mari. Le bon duc était mort depuis deux ans, mais sa dette, elle, n'était pas encore éteinte. - Mona Andrée Rainville

Bonne nuit aux mordus,

Mona
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